Publié par Dissidenz le 06/09/2008 à 23:46

Sortie en DVD de La loi du collège

16 septembre 2008
20:00

Le feuilleton documentaire de Mariana Otero enfin disponible dans un double DVD avec des bonus exclusifs !

Une année durant, la réalisatrice Mariana Otero (réalisatrice de Histoire d’un secret) a filmé la vie d’un collège implanté au coeur d’une cité en Seine Saint Denis, aussi bien dans les salles de cours que dans le bureau du Principal, pendant les conseils de classe ou les conseils de discipline…
Alors que les élèves, âgés de 10 à 16 ans, issus pour la plupart de milieux en difficulté, découvrent avec le collège -ses règles et ses sanctions- un lieu de socialisation, les professeurs se heurtent aux difficultés de cet apprentissage, qui interpellent jour après jour leur rôle d’éducateurs…

Pour en savoir plus sur le DVD, cliquez ici.

On se souvient que le feuilleton avait été diffusé avec succès sur Arte et avait fait figure de “document de référence”.

Lire la revue de presse en cliquant ici.

Publié par Dissidenz le 06/09/2008 à 21:18

VISIONNEZ GRATUITEMENT LE 1ER EPISODE (26 MN)


Le 1er épisode est exceptionnellement disponible en téléchargement gratuit dès le 16 septembre sur www.dissidenz.com. Cliquez ici pour y accéder directement.

Vous pouvez ici découvrir les 10 premières minutes…

Premier épisode. Tout le monde le sait, tout le monde le dit, l’école va mal. Mais personne ne sait vraiment pourquoi. C’est toujours la faute de l’autre : des instits, des profs, des parents, des enfants, de l’Education nationale, des syndicats. En observant, chaque jour, pendant une année scolaire (grâce au soutien intrépide du producteur Denis Freyd) la vie d’un collège de Saint-Denis, Mariana Otero cloue le bec à tout le monde. Elle ne discourt pas sur l’école, elle ne met pas en scène les confidences, les plaintes ou les opinions : elle montre, de l’intérieur, comment ça marche. Et elle dérange.
Le spectateur n’est pas habitué à ce qu’on lui balance, sans lénifier ni dramatiser, la réalité quotidienne de millions de vies, notamment celles de ses enfants. Bien sûr il peut rétorquer, pour se rassurer, que Saint-Denis n’est pas la plaine Monceau, ni même un autre secteur socialement moins typé. Et pourtant… les programmes sont les mêmes, la façon d’enseigner aussi (en gros), sans parler des locaux et des journées hachées de sonneries stridentes. Est-ce ainsi que les élèves et les profs vivent dans ce pays ?
Par la seule force de son regard à la fois sensible et incisif, Mariana Otero permet de mesurer l’ampleur du gâchis qu’on laisse se perpétuer parce qu’il n’empêche pas les trains de rouler et qu’il ne menace pas la sécurité du territoire.
Après avoir regardé “La loi du collège”, il y a des paroles qu’on n’osera plus prononcer et qu’on ne supportera plus d’entendre. Notamment : « La rentrée s’est bien passée ». Comme on disait, il y a peu, au pays des soviets : “Les objectifs du plan ont été atteints”.

TELERAMA

Publié par Dissidenz le 06/09/2008 à 20:45

RENCONTRE AVEC LAURENT CANTET ET MARIANA OTERO


Rencontre avec le réalisateur de la fiction “Entre les murs” et de la réalisatrice du feuilleton documentaire “La loi du collège”, invités de l’émission “Tout arrive” d’Arnaud Laporte et Antoine Guillot sur France Culture le 24 septembre 2008. Un grand merci à France Culture qui nous a permis de filmer et diffuser cette émission.

Ceci est un extrait. L’intégralité de la rencontre est disponible en visionnage gratuit sur www.dissidenz.com.

Publié par Dissidenz le 06/09/2008 à 20:30

Retours à l’école

Entre les mursPar les hasards du calendrier (un hasard bien orchestré, après tout, septembre est le mois de la rentrée), sortent ce mois-ci, en DVD et au cinéma, La Loi du collège, de Mariana Otero (dans les bacs le 16) et la palme d’or du dernier festival de Cannes, Entre les murs, de Laurent Cantet (en salles le 24).

Le premier inaugurait un genre, le feuilleton-documentaire, en relatant en 6 épisodes l’année scolaire 1993, au collège Garcia Lorca de St Denis, en banlieue parisienne.
Le second est une fiction qui prend pour cadre l’école. Pour son 4e long-métrage (après Ressources humaines, L’emploi du temps et Vers le Sud), Laurent Cantet a en effet adapté le livre éponyme de François Bégaudeau, qui retraçait une année comme professeur de français dans un collège du Nord-Est de Paris.

Deux “films de salle de classe”
Les “films de classe” sont presque un “genre” en soi. Parmi ceux qui nous viennent à l’esprit, on peut distinguer d’un côté les comédies (les Sous Doués, de Zidi, Un flic à la maternelle de Reitman: la classe comme un lieu où l’on déconne), de l’autre les tragédies (l’école comme la première des institutions oppressives – Les Désarrois de l’élève Toërless, de Schlondorff, If de Lindsay Anderson,…). Dans ce second cas surgit parfois un héros, un professeur “pas comme les autres” soufflant un grand vent de liberté (versant romantique Le cercle des poètes disparus de Peter Weir, versant libertaire Pipicacadodo de Marco Ferreri). Parfois aussi, les choses s’inversent et la violence du monde extérieur fait irruption (Graine de violence de Richard Brooks dès 1955, Class 84 de Mark Lester, Ca commence aujourd’hui de Tavernier ou, dans un tout autre registre, Elephant de Gus Van Sant…).
A ce terrain de jeu formateur s’intéressent, la plupart du temps et fort logiquement des cinéastes concernés par la question sociale et politique, par celle du groupe (Ferreri, Kiarostami, Philibert, Tavernier, Wiseman…).
Mariana Otero et Laurent Cantet sont indéniablement de ceux-là. Mais La loi du collège et Entre les murs échappent à ces catégories. Héritiers d’un monde complexe, où les “grandes causes” ont disparu, ces deux films se contentent de mettre en scène des personnages aux prises avec la complexité de leur situation. L’un comme l’autre montre l’école comme un lieu d’observation du “grand bordel humain”. Mariana Otero le dit, elle n’a pas voulu faire un film sur la connaissance mais sur la loi : comment elle s’énonce, se négocie, se pratique. Le film de Cantet est sur le même registre : comptent plus ici le langage, la circulation de la parole, la relation de pouvoir et d’autorité, que le récit d’un apprentissage stricto sensu. Leur école est un terrain sur lequel on se confronte, on s’affronte, on se mesure, on se respecte, on se jauge, et on essaye de faire ensemble. Ces films “jouent collectif” (Entre les murs se finit par une partie de foot entre profs et élèves), ce qui n’empêche pas les arrêts sur quelques personnages, un film pouvant difficilement tenir l’espace égalitaire jusqu’au bout.

Un dispositif similaire : la question de l’espace et du temps
Pour saisir cette confrontation, les deux cinéastes ont opté pour un parti-pris radical et modeste à la fois en choisissant le même “espace-temps” : le rythme de l’année scolaire ; le collège, le huis-clos.
Entre les mursSalle de classe, salle des profs, couloirs, cour, incursions dans le bureau du principal : tout se joue là, dans une vie rythmée par la sonnerie (qui ressemble étrangement à une alarme au collège Garcia Lorca). A l’intérieur de cet espace, beaucoup de bruit, et des caméras à l’affût de ce qui peut surgir - 3 caméras dans le cas du film de Laurent Cantet, la souplesse d’une petite équipe dans le cas de Mariana Otero. Avec un même objectif : capter ce qui se passe dans le théâtre d’une salle de classe, en “donnant du temps au temps”. En effet, l’une a filmé l’année entière, le second a bâti son film à partir d’ateliers (séparés) avec les élèves et les professeurs.
En maintenant hors champ toute “vie privée” (celle des profs comme celle des élèves), ils coupent court à la psychologie, au déterminisme trop apparent. C’est encore plus gonflé dans le cas de la fiction, puisque le film offre peu de prises à l’identification, explorant des situations d’échange plutôt que des mondes intérieurs.

Fiction / documentaire
On sort une fois seulement des murs de l’école dans le film de Laurent Cantet : au tout début, François Marin prend un café au comptoir et rentre au collège, avec deux collègues. On sort aussi une fois seulement dans le documentaire de Mariana Otero : un groupe de professeurs, las de faire des grèves qui n’aboutissent pas, tente le tout pour le tout se rendant à l’Inspection d’Académie.
La sortie d’Entre les murs est individuelle, celle de La loi du collège collective. Dans cet écart réside sans doute la différence d’approche de chacun des réalisateurs. Pour aller vite le premier se focalise sur l’individu, construisant son film en gros plans, en cadrages serrés et attentifs sur les visages. Au fil du film, une histoire se détache, le professeur dérape, une dramaturgie s’impose doucement, le film se finit par l’exclusion d’un élève. Dans le second, la caméra est portée, les images dans la cour, dans les réunions, plus nombreuses, « tout » le collège reste dans la ligne de mire.
Paradoxalement, la force de chacun des films est de se nourrir à “l’autre genre”. Dans La Loi du collège des personnages reviennent ou non au gré des événements, les histoires se succèdent, d’où l’extrême pertinence du feuilleton. Dans Entre les murs, à l’inverse, les acteurs-élèves, Bégaudeau jouant lui-même le rôle du prof, apportent un “supplément de réel” à la fiction.

Une proximité de propos

Il n’est pas anodin que les classes choisies soient des 4e et des 3e de collèges réputés difficiles. Au collège, la grande machine de tri social n’a pas encore opéré. Et dans les quartiers dits difficiles, la question de “comment vivre ensemble” se pose avec plus d’acuité.
Car ces films utilisent l’école comme une caisse de résonance de l’époque, faisant le pari que l’extérieur viendra frapper à la porte – à commencer par la question de l’identité et des origines. Comme le font remarquer Khoumba et Esmeralda à leur professeur François Marin, pourquoi est-ce que le prénom qu’il cite dans une phrase donnée en exemple est Bill plutôt que Aïssata ?
Plus, chacun pose, l’air de rien, la question fondamentale (et irrésolue) de ce que l’école a, aujourd’hui, à transmettre et dévoilent un monde aux prises avec une possible panne de sens.
“Tu te déplaces, tu cours, tu cries, tu voles, tu viens quoi faire à l’école ?” entend-on en boucle, reprenant la phrase d’une prof comme une comptine, au générique de La Loi du collège. Quinze ans plus tard, Henriette lui répond en écho dans Entre les murs en disant à son prof, à la fin de l’année : “Monsieur, moi je n’ai rien appris cette année, je ne comprends pas ce qu’on fait”.
A travers François Marin, à travers l’équipe de Garcia Lorca, ces deux films n’apportent aucune réponse mais travaillent la question au corps.

Emmanuelle Mougne.

Publié par Dissidenz le 06/09/2008 à 20:04

CE QU’EN DIT LA PRESSE


Pendant un an, la réalisatrice a assisté aux cours, aux réunions des profs, aux conseils de classe
et de discipline. Trois ans de travail pour un feuilleton documentaire exceptionnel.
Pas de commentaire, seulement la vie dans sa chronologie.

LE MONDE

L’un des meilleurs documentaires réalisés à ce jour sur la vie dans les collèges “difficiles”.
LE POINT

Après avoir regardé “La loi du collège”, il y a des paroles qu’on n’osera plus prononcer
ou qu’on ne supportera plus d’entendre. Notamment : “La rentrée s’est bien passée”. (…)
Jusqu’au bout, ce feuilleton documentaire suscite la colère, la tristesse, le rire, l’étonnement,
la tendresse. Et suggère que la simplicité n’existe pas.

TELERAMA

C’est un des meilleurs documentaires jamais réalisés sur l’école.
La réalisatrice, qui a passé une année dans un collège de Saint-Denis,
nous offre un stage intensif dans l’univers de nos enfants. C’est édifiant.

LE PARISIEN

Ca pourrait s’appeler “Non-assistance à collège en danger”.
Locaux fatigués, profs excédés, élèves enfermés dans leur mutisme ou dans leur agressivité.
Mariana Otero a filmé un an durant la vie du collège Garcia Lorca à Saint-Denis.

LIBERATION

Pendant un an, à raison de deux heures par jour, la caméra de Mariana Otero
a butiné la vie du collège Garcia Lorca en Seine-Saint-Denis.
Résultat : des destins d’adolescents noyés dans une masse de tensions et d’incidents quotidiens.

TELEOBS

Pendant un an, Mariana Otero a filmé la vie du collège Garcia-Lorca de Saint-Denis, où on a même instauré un permis à points pour responsabiliser les élèves : quand le crédit est épuisé, l’élève est renvoyé… “La loi du collège” est une remarquable série documentaire en trois parties.
ELLE

Une jeune réalisatrice, Mariana Otero, a eu l’excellente idée de filmer au jour le jour, pendant un an, de la pré-rentrée des profs au dernier jour avant les vacances, la vie très mouvementée et parfois violente du collège Garcia-Lorca à Saint Denis (Seine-St-Denis). Sacrifiant au documentaire ethnologique, la caméra nous entraîne peu à peu dans le quotidien des élèves, des professeurs, du principal et des parents. On découvre les difficultés de tous : les uns, à se socialiser, les autres, à transmettre un savoir ou plutôt quelques règles élémentaires de la vie en groupe. Les désespoirs, les meurtrissures, les révoltes, les abandons reviennent avec la même régularité que le générique percutant (à l’image du film) : “tu t’déplaces, tu cours, tu cries, tu voles… tu viens faire quoi à l’école ?”. Mais plus qu’une histoire purement scolaire, ce feuilleton est aussi un plan très serré d’une société en mal de repères et d’avenir.
LE MONDE DE L’EDUCATION

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Publié par Dissidenz le 06/09/2008 à 17:57

Sortie en salles de Entre les murs

24 septembre 2008
21:00

Le film de Laurent Cantet, Entre les murs, Palme d’Or au Festival de Cannes 2008, sort en salles.

Entre les murs

L’histoire : François est un jeune professeur de français d’une classe de 4ème dans un collège difficile. Il n’hésite pas à affronter Esmeralda, Souleymane, Khoumba et les autres dans de stimulantes joutes verbales, comme si la langue elle-même était un véritable enjeu. Mais l’apprentissage de la démocratie peut parfois comporter de vrais risques.

Laurent Cantet (réalisateur) : “Le travail avec les adolescents a commencé début novembre 2006, et a duré jusqu’à la fin de l’année scolaire. C’étaient des ateliers ouverts, chaque mercredi après-midi, à tous les élèves de quatrième et de troisième qui le désiraient. En comptant ceux qui ne sont passés qu’une seule fois, nous avons vu une cinquantaine d’élèves. La quasi-totalité de ceux qui forment la classe du film sont ceux qui se sont accrochés toute l’année : les autres avaient, pour la plupart, arrêté d’eux-mêmes.”
(…)
François Bégaudeau (auteur, acteur) : “Pour les adolescents, la plupart de leurs personnages sont des compositions. A la sortie du film, on dira : “ces gamins sont formidables, mais ils ne sont pas à proprement parler des acteurs, s’ils sont naturels, c’est qu’ils jouent leur vie…” Rien de plus faux !”

Publié par Dissidenz le 06/09/2008 à 16:37

PRESENTATION ET SYNOPSIS


La loi du college

Jour après jour, tout au long de l’année scolaire 1992-1993, Mariana Otero a filmé les élèves d’un collège implanté au coeur d’une cité en banlieue parisienne.
Dans les salles de cours ou le bureau du Principal, pendant les conseils de classe ou les conseils de discipline, quand tout va bien ou quand tout va mal, la réalisatrice a capté les moments ordinaires, exceptionnels ou dramatiques de la vie d’un collège.
Agés de 10 à 16 ans, les élèves découvrent avec le collège, ses règles et ses sanctions, un lieu de socialisation. Le feuilleton met ainsi en évidence la complexité des rapports que ces jeunes, issus pour la plupart de milieux en difficulté, entretiennent avec l’organisation de la société.

Premier épisode
Septembre 1992 : la rentrée scolaire. Elèves, professeurs, personnel d’encadrement se préparent à vivre ensemble pendant une année.
De nouveaux projets voient le jour : les professeurs réduisent la durée des cours pour permettre aux élèves de faire leurs devoirs au collège; Ryad, élève de 4ème, organise un cours de danse…

Deuxième épisode
Octobre-novembre 1992 : Le collège a mis au point un ensemble de méthodes pour dialoguer avec les élèves, résoudre les problèmes individuels. Certains enfants ne parviennent pas à s’adapter. Victor, souffre-douleur de ses camarades, ira jusqu’à inventer un décès dans sa famille pour ne pas venir en classe. Medhi, élève intelligent et rebelle, devra quitter le collège deux mois après la rentrée pour un établissement réservé aux cas difficiles.

Troisième épisode
A la fin du premier trimestre, la tension monte et les professeurs s’inquiètent. Ils font pression sur le Principal pour que des sanctions soient prises.
Le collège dispose d’une panoplie de mesures répressives : de l’heure de colle à la comparution devant le Conseil de discipline.
Pascal, malgré des circonstances atténuantes liées à une situation familiale difficile, se trouvera définitivement exclu du collège. Pour l’exemple ?

Quatrième épisode
Au deuxième trimestre, un incident avec la classe de 4ème technologique conduit à l’exclusion de tous les élèves qui ne seront réadmis qu’à la condition de signer un contrat en présence de leurs parents…
Les professeurs décident de se mettre en grève et de faire pression au niveau supérieur, l’Inspection d’Académie. Le décalage entre les problèmes concrets des enseignants et les contraintes générales de l’Education Nationale apparaît clairement.

Cinquième épisode
Les professeurs n’ont pas obtenu les moyens supplémentaires qu’ils réclament depuis des mois.
Ils retournent à l’Inspection d’Académie mais le dialogue de sourds continue.
Le collège entre dans une période de calme. C’est l’occasion de renforcer le dialogue et la concertation avec les élèves et de tenter des expériences pédagogiques. Un nouvel incident vient perturber la vie du collège…

Sixième épisode
Avec la fin de l’année, les questions d’orientation et d’avenir reviennent au premier plan. Au cours d’entretiens avec la conseillère d’orientation ou à l’occasion de stages en entreprises, les enfants s’interrogent sur ce qui les attend dans la vie professionnelle… Le collège doit décider des filières et des compositions des classes pour l’année suivante.
Abdel, premier de sa classe en quatrième technologique, ne pourra pas rejoindre le cursus général. Stéphanie, élève de 3ème, aura plus de chance…

Publié par Dissidenz le 05/09/2008 à 23:42

UN COFFRET 2 DVD EXCEPTIONNEL

La loi du college, le DVD

Les 6 épisodes du feuilleton documentaire de Mariana Otero sont répartis sur 2 DVD qui comportent en outre des bonus exclusifs spécialement produits pour l’édition DVD et donc tournés 15 ans après :
- un entretien avec Mariana Otero
- en bonus cachés : une conversation entre la réalisatrice et Abdel et Stéphanie, deux anciens élèves de La loi du collège

Caractéristiques techniques :
2 DVD NTSC Multizones
Ecran 4/3
Couleur
Version française en Dolby Stéréo 2.0
Sous-titres optionnels : anglais

Publié par Dissidenz le 05/09/2008 à 23:40

ENTRETIEN AVEC MARIANA OTERO


Mariana Otero

Votre film, ou plutôt votre feuilleton, est une véritable traversée de la vie d’un collège pendant toute une année scolaire. Mais les questions de discipline y occupent beaucoup plus de place que les questions d’enseignement. Pourquoi ?

Je voulais faire un film sur la loi, sur son fonctionnement à l’intérieur d’un groupe humain, les difficultés et les modalités de son application. Le collège, lieu clos de socialisation qui vit selon des règles en partie similaires à celles qui gèrent notre société me semblait constituer un lieu approprié. Car, si le collège est avant tout un lieu de transmission du savoir, cela ne peut se faire que dans le cadre de règles précises. Le rapport au savoir passe par la résolution plus ou moins conflictuelle du rapport à la loi. Une fois ce rapport stabilisé, l’acquisition des connaissances peut s’engager.
Je décidais donc de filmer, jour après jour, durant toute une année scolaire, des élèves en conflit avec la loi et une équipe éducative essayant de la faire respecter. L’évolution et la résolution de ces conflits relatifs à la loi et à son application devaient être le sujet central du film, les questions d’apprentissage et de pédagogie n’en constituant que la toile de fond.

Je ne voulais pas traiter ce sujet d’un point de vue théorique à partir d’interviews ou d’analyses. Je voulais raconter des histoires qui rendraient compte par leur construction dramatique de la complexité des rapports à la loi dans un collège et, parce que l’histoire singulière peut atteindre à l’exemplarité, dans n’importe quel groupe humain. L’histoire d’une punition exemplaire, d’une punition collective, d’une rébellion, ou d’une exclusion sont des figures de la loi que l’on rencontre ailleurs que dans un collège.
Il ne s’agissait pas pour moi de développer ou d’illustrer des propos sur la vie dans les collèges mais de laisser le ou les sens naître au travers d’histoires. Les situations seraient donc choisies en fonction de leur capacité à révéler des problèmes relatifs à la loi.

Vous avez tourné au collège Garcia Lorca, à Saint-Denis. Pourquoi avoir choisi ce collège ?

Les repérages ont commencé en septembre 1991. Après avoir reçu l’autorisation de l’Inspection d’Académie, je concentrais mes recherches sur les collèges de banlieue de l’Académie de Créteil classés ZEP (Zone d’Education Prioritaire). Dans ces collèges qui accueillent des adolescents de milieux sociaux et familiaux en difficulté, la loi est plus souvent transgressée et je pensais pouvoir y trouver un plus grand nombre d’histoires concernant les difficultés de son application. Ceci dit, si elles sont plus nombreuses, elles sont souvent de même nature que dans les autres collèges au niveau de leurs causes - un élève rebelle, un élève exclu, une classe qui chahute ses professeurs - ou de leurs résolutions - colle, exclusion, conseil de discipline, …Ces collèges ZEP, avec leurs particularités que je ne comptais pas aborder en tant que telles, me semblaient donc plus révélateurs.

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Publié par Dissidenz le 02/09/2008 à 23:59

ENTRETIEN AVEC BERNARD DUATTIS


Bernard Duattis, l’un des « héros » de la Loi du collège, était le principal du collège Garcia Lorca. Fait rarissime, il a accepté pendant un an un équipe de télévision dans son établissement. Ses réactions.

“Mariana a su se faire accepter par tout le monde, commence Bernard Duattis, le principal du Collège Garcia Lorca. Elle est d’abord venue faire connaissance, sans caméra, depuis février 1992, puis elle a commencé à tourner pendant l’été, ainsi que toute l’année scolaire qui a suivi. Elle s’est donné le temps de créer des liens.

On sent très bien la difficulté du rapport d’un jeune de ce quartier avec un adulte qui tente de le préparer à une insertion qui reste incertaine dans la société. On voit aussi très bien l’engagement des professeurs, dont beaucoup de nouveaux venaient de province et n’avaient pas choisi ce poste, mais finissent par vouloir y rester. L’importance du rôle de la direction est également, pour une fois, souligné. D’autre part, rien n’est exagéré. Au terme d’une année de tournage, elle aurait pu montrer des choses plus dures.”

Pourtant, même fidèle à la réalité, le documentaire n’est pas toute la réalité et laisse quelques regrets chez le principal. Pour Bernard Duattis, le rapport du jeune à la loi, et au règlement intérieur permet d’analyser le comportement des élèves. Selon lui, la population du collège peut être divisée en trois catégories :

“9% des élèves ont des problèmes de comportement “ordinaires” qui se traduisent par des avertissements, des exclusions temporaires ou des actions de prévention, telle l’instauration d’un permis à point qui, à l’instar de son double automobile, peut entraîner l’exclusion définitive de l’établissement lorsque tous sont perdus ;

1% a de graves problèmes d’inadaptation scolaire et sociale, et fait l’objet des quelques conseils de discipline annuel et de rapports avec les services de polices locaux.

Reste la majorité oubliée, les 90% qui respectent les règles posées. Le film parle plutôt des deux premières catégories, la classe la plus difficile, la quatrième technologique est celle qui apparaît le plus. L’image n’est pas complète, il y a des cas de grande réussite et de grande satisfaction”.

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